Federico Drigo et Enric Soler

Pour bien démarrer 2020, j’avais envie de vous faire un article rétrospectif sur deux de mes coups de cœur de 2019. L’un est italien et au delà de sa personnalité et de son accent qui sent bon l’Italie, nous partageons le plaisir des belles et bonnes choses, dont le vin.  L’autre est espagnol et au delà de sa gentillesse et de son intelligence, son vin aura mis tous mes sens en émoi.

Le Baiser de Gustave Klimt (1907-1908)

Federico Drigo

Né en 1982 à Venise, Federico Drigo découvre la photographie sur le tard à l’âge de 18 ans grâce à l’appareil photo de sa mère : un pentax MX.

Depuis lors, il se passionne pour la photographie et ne cesse d’utiliser son Leica reflex pour essayer et apprendre. Autodidacte, il aime développer lui-même ses photos. Il ne s’impose pas de règles mais si nous devions essayer de théoriser son travail nous pourrions dire qu’il s’inspire du « zone system » d’Ansel Adams & Fred Archer ( système tonal d’exposition qui repose sur 11 zones de noir au blanc et dont le but est d’obtenir un négatif photo optimum pour en développer un positif de qualité)

Ses artistes fétiches ? Josef Koudelka, Gianni Berengo Gardin ou encore Elliott Erwitt.

Federico Drigo se décrit comme un photographe « old fashioned » et refuse à se spécialiser dans un style précis. Il aime cette liberté de s’essayer à différents types de photographies. Par exemple depuis ces deux dernières années, il s’oriente plus vers les portraits.

Toscana

Cette photographie prise en 2009, nous emmène en Toscane par une chaude matinée d’été.

Ce que l’on voit au premier plan est un parking souterrain ouvert et circulaire, recouvert de mosaïque. En jouant avec les points de vue décalés, il s’amuse avec nous, en nous forçant à nous interroger. Cette photo graphique est on ne peut plus représentative de l’étymologie du même nom.

Pourquoi ai-je choisi de vous parler de cette photographie ?

J’aime les contrastes sur cette photo qui la rend unique. Visuellement cette oeuvre change des photographies de paysages dites classiques.

Il y a un vrai travail visuel dans la prise de vue et dans le développement.

La mosaïque du parking donne du mouvement à cette photo contemplative. Federico arrive à nous faire s’arrêter. On est interloqué, on se questionne, on regarde plusieurs fois la photo pour comprendre. Notre œil a besoin de faire la mise au point.

Vous souvenez-vous des livres où nous devions coller notre nez sur la page et tout en reculant une forme en 3D apparaissait ? Ici c’est presque la même situation, nous aurions envie d’aller coller notre nez sur la photo et de reculer doucement, pour voir si une quelconque forme surgit.

Au delà de la beauté ( encore une fois selon moi ), son originalité de part ces contrastes :

  • ombre vs lumière
  • ruralité vs urbanisme
  • immobilité vs mouvement

font que selon moi, cette photographie est une réelle oeuvre artistique et qui sera parfaite avec un vin tout en beauté et finesse…

Vous souhaiteriez voir d’autres photographies ?

Du 31 janvier au 2 février 2020, Federico participe à la galerie éphémère de Villeneuve-lès-Maguelone (34) venez découvrir d’autres de ses œuvres.

Une des ses expositions sur le travail d’un vigneron est toujours en cours à Lipopette à Montpellier.

Sinon, il y a toujours son site internet et encore quelques coffrets que nous avons faits ensemble pour les fêtes !

Les 4 cuvées d’Enric Soler

Direction l’Espagne

Pour ceux qui ont eu la chance d’assister à une de mes dégustations oeno-artistiques, je vais vous surprendre et vous proposer un autre accord que celui que vous avez eu lors de notre rencontre à l’Artesan en Juillet 2019.

La magie des accords arts & vins est qu’il n’y a pas de règles. Il suffit juste d’écouter votre cœur.

Donc cette fois-ci, je vous embarque en Espagne et plus précisément en Catalogne dans le Penedès. Cette région à une heure de Barcelone est réputée pour ses Cava. Ces vins effervescents espagnols issus de la méthode traditionnelle doivent avoir passé au minimum 9 mois sur lies ( vous vous souvenez ? je vous parle de ce qu’est un élevage sur lies dans cet article ). Les principaux cépages blancs utilisés pour ces vins sont entre autres le macabeo, le xarel-lo et le parellada.

Et c’est justement un de ces cépages qui m’intéresse !

Un Xarel-lo mais pas effervescent !

Le Xarel-lo est un cépage que nous n’avons pas en France. Utilisé principalement en assemblage et pour son acidité dans les Cava, ce raisin d’origine espagnol peut être aussi utilisé pour faire des vins blancs tranquilles. Et c’est là selon moi, qu’il mérite d’être découvert !

Honnêtement, même si lors de mon voyage j’ai découvert des Cava très bien faits, aucun n’a su faire battre mon cœur comme la cuvée Espenyalluchs, un 100 % Xarel-lo d’Enric Soler : magique !

Quel rapport avec Toscana de Federico Drigo ?

Comme ce tableau qui nous fait voir la Toscane d’une autre manière, Enric Soler sort des sentiers battus et réussir à donner ses lettres de noblesse à un cépage qui n’a pas vocation normalement à être vinifié seul et encore moins à 400 mètres d’altitude. Du moins c’est ce qu’on lui dit.

La cuvée Espenyalluchs prouve le contraire.

Visuellement, le vin se pare d’une robe claire et dorée. Des arômes de beurre, de miel et de fleurs, vous titillent les narines et vous embarquent en voyage comme cette photographie. En bouche : une explosion de saveurs, divines et délicates, rappellent la mosaïque du parking de Federico magnifiée par son cadrage. N’oublions pas qu’on parle d’un parking au départ !

Ce vin m’a rappelé de Grands Bourgognes. Vous m’auriez fait déguster son vin à l’aveugle, jamais je n’aurai trouvé ! Une très belle découverte originale et unique dans sa beauté, comme l’oeuvre Toscana.

Et si je devais vous faire découvrir un vigneron ?

Comme vous l’aurez compris, je vous ferai découvrir Enric Soler et Mercé.

Son petit domaine de 1,5 hectares conduit en biodynamie est situé dans la région du Penedès à Font Rubi (à une heure de Barcelone). Il fait parti de ces vignerons visionnaires qui se battent à contre courant.

Son projet : réussir à tirer le meilleur du Xarel-lo. Et il y arrive très bien, ses trois cuvées 100% Xarel-lo ( Improvisació, Espenyalluchs et Nun) sont -et je pèse mes mots- sublimes.

Pour ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, vous savez que j’ai eu la chance de le rencontrer lors de mon périple avec ma « wine buddy »: Anne Dumont.

Je ne peux que vous souhaitez un jour de rencontrer Enric et Mércé : deux magnifiques personnes.  Et prenez le temps d’écouter leur histoire et de goûter à leurs merveilleux vins. Pour moi, c’est décider j’y retourne et bientôt !

Si vous souhaitez en lire encore un peu plus sur ce vigneron, je vous invite à lire ce très bel article de Vino2travel qui lui est consacré.

En espérant que l’accord vous a plu, je vous souhaite mes meilleurs voeux pour cette belle année « vins » !