Gérard Calvet et la Croix Gratiot

J’ai récemment eu de nombreux coups de cœur pour des artistes, ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent, le dernier en date s’appelle Gérard Calvet. Résultat j’ai chamboulé toute ma programmation d’articles pour vous parler de cet accord art et vin qui m’a sauté aux yeux !

Village de Bouzigues (1963)

Gérard Calvet

Peintre français (1926-2017) né dans l’Aude, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1945. Il y côtoie le sculpteur Georges Oudot ou encore Bernard Buffet.

En 1952 il rejoint le groupe d’artistes Montpellier-Sète, natifs ou passionnés de la région méditerranéenne.

Il appartient au courant figuratif : courant qui cherche à représenter ce que l’artiste voit de manière réaliste ou non. Il peint de manière spontanée et instinctive, sans chercher à théoriser son travail.

La couleur est l’élément principal de sa peinture.

On retrouve ses œuvres dans différents musées français (à Paris, Montpellier, Sète etc.) mais aussi à l’international, en Suède au Danemark ou encore en Allemagne.

Membre de l’académie des lettres et des sciences de Montpellier, il est fait chevalier de la légion d’honneur en 2011.

Village de Bouzigues (1963)

Cette peinture de 1963 a été faite avec de la peinture à l’huile, sur un tableau de 150 x 83 cm.

Pourquoi ai-je choisi de vous parler de ce tableau ?

Lorsque je suis tombée nez à nez avec ce tableau, comme le dit la chanson de Charles Trénet « mon coeur [a] fait boum ! ».

Nous avons tout de suite reconnu Bouzigues avant même de regarder le titre sur l’étiquette à côté. Le réalisme de la peinture est bluffant.

J’aime l’effet que la peinture au couteau donne à une toile. Cela apporte du volume et du mouvement à l’oeuvre. Cela contraste avec le fait que le paysage peint représente un moment figé.

La lumière est l’élément numéro un qui m’a impressionné. J’aime la manière dont il réussi à retranscrire les différentes nuances.

Les couleurs pastel utilisées, notamment concernant les reflets des maisons dans l’eau, font que le tableau reflète parfaitement l’atmosphère paisible de ce village.

Pour ceux qui ne sont pas de la région, Bouzigues est un joli petit village à une vingtaine de minutes de Montpellier avec vue sur l’étang de Thau. Il est commun d’y aller déguster des fruits de mer dès les premiers jours de soleil (presque tout le temps en somme :p ).

Mais encore ?

Si vous êtes sur Montpellier, l’espace Dominique Bagouët lui dédie une exposition : une vie de peinture (1947-2017) jusqu’au 1er décembre et c’est gratuit. Courez-y vite !

Sinon différents musées notamment le Musée d’Art Moderne de Paris présentent ses œuvres.

Que dégusteriez-vous avec ce tableau ?

Brechallune – La Croix Gratiot

Un picpoul de Pinet

Avec cet accord, je reste dans la région méditerranéenne et proche du village de Bouzigues.

En effet, le piquepoul est à la fois un vieux cépage languedocien blanc (il existe aussi en gris ou en noir ) et c’est aussi une appellation d’origine contrôlée « Picpoul de Pinet » qui s’arrête à la limite de Bouzigues ( Oui ! entre le cépage et l’appellation l’orthographe change).

Si vous décidez d’aller manger des fruits de mer au bord de l’étang de Thau, on vous conseillera de déguster avec du Picpoul de Pinet.

Les vins sont généralement de couleur jaune-vert, sur des arômes discrets de fleurs blanches et avec une belle acidité. 

Je ne suis pas très originale pour cet accord, me direz-vous. Je vous l’accorde, mais parfois l’évidence est telle qu’elle fonctionne alors pourquoi s’en priver ?

De plus, savez-vous que dans les accords mets et vins, une des règles qui peut vous aider à trouver un bon accord est : de choisir un vin qui vient de la région du plat que vous proposez ? Alors pourquoi ne pas appliquer cette règle avec l’art ?

Mais élevé sur lies

Un élevage sur quoi ? Sur lies et non sur lit…! Quoique… je m’explique.

Les lies sont la peau des bactéries qui ont fini leur travail de fermentation alcoolique (transformation du sucre du raisin en alcool). Une fois cette dernière faite, le vigneron fait le choix de les laisser ou non lors de l’élevage pour apporter des arômes beurrés, plus de corps et de rondeur au vin.

Forcément par gravité, ces particules tombent au fond de la barrique et cela pourrait s’apparenter à un matelas !

Quel rapport avec le tableau Village de Bouzigues ?

Comme je le disais au-dessus : l’évidence. C’était une évidence pour moi qu’il fallait la cuvée Bréchallune de la Croix Gratiot (dont je vous parle pus bas).

Les souvenirs de repas passés à déguster des fruits de mer en regardant l’étang et en dégustant du piquepoul me sont évidemment revenus.

Il faut savoir que le piquepoul blanc est rarement élevé sur lies. On lui recherche justement cette acidité qui parfois l’est un peu trop à mon goût. Comme vous l’avez déjà pu le constater dans mes accords, je préfère la rondeur, le côté gras (team brioche on lève la main ! ) que l’on peut trouver dans certains vins et qui dans ce cas, rappelle la douceur du nuancier utilisé dans cette toile.

L’élevage sur lies, donne aussi une couleur plus intense au vin : un peu plus jaune or que jaune vert. Cette couleur s’apparente à celle utilisée pour représenter les rayons du soleil.

Et si je devais vous faire découvrir un vigneron ?

Je vous ferai découvrir La Croix Gratiot. Domaine familial de 33 ha, reprit par Anaïs Ricome. Sensible à l’art et au respect de la nature, on ne pouvait que bien s’entendre.

La cuvée Bréchallune est juste un régal ! Issue d’une sélection parcellaire, l’élevage sur lies dure 5 mois et apporte la rondeur et la douceur au piquepoul. Franchement je suis fan.

( Le nom vient d’une chanson de Nicolas Jules que je vous invite aussi à écouter )

On se retrouve à Bouzigues, ca vous dit ?