Tendances 2020

Millésime bio 2020 s’est terminé il y a de ça quelques jours en nous annonçant les dernières chiffres de la filière bio. L’agence Sopexa avait sorti en 2018 un rapport : Wine Trade Monitor qui justement synthétisait les différentes tendances qui se dégageront concernant la consommation de vin en 2020. Et ca y’est nous y sommes ! Alors faisons le point sur les tendances à venir.

Des acheteurs de plus en plus connaisseurs

C’est un fait depuis quelques années, les consommateurs de vin sont mieux informés et formés ! Il n’y a qu’à voir l’engouement pour les formations du WSET par exemple.  Les personnes que je forme sont plus jeunes,  de 25 à 40 ans en moyenne. Et tous ont la même motivation : mieux appréhender ce domaine qui bénéficie encore d’une image complexe et élitiste. Le baromètre de Sowine l’an passé, confirmait l’acquisition grandissante de connaissances notamment chez les 26-35 ans. L’avantage ? Des consommateurs qui consomment moins mais mieux et surtout qui sont prêts à sortir de leurs zones de confort pour découvrir d’autres régions (françaises ou étrangères).

Le vin bio

La part de marché des vins bios continue de croître. Lors du salon Millésime Bio qui s’est tenu du 27 au 29 janvier 2020 à Montpellier, on apprenait que la consommation mondiale tous vins confondus baissait avec -4%. Mais pas celle des vins bios qui avait quasi doublé en 7 ans (+ 2.96% en 2020). Quant aux  vins effervescents bio sur la même période c’est bingo : + 19.1 % / an. Cela illustre bien nos propos d’au-dessus.

La France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et les États-Unis représentent la moitié de la consommation mondiale de vin bio, avec une évolution de + de 68% en 5 ans ( de 2013 à 2018) pour les vins rouges par exemple.

L’Espagne, l’Italie et la France continueront d’être les principaux fournisseurs en augmentant leurs surfaces certifiées, même si pour les deux premiers, leurs productions sont surtout vendues à l’export. Quant à la France, c’est surtout pour la demande nationale, en effet en 2021 nous serons le premier pays consommateur de vin bio. Régionalement, l’Occitanie représente la plus grande région productrice de vin bio et 37% des surfaces viticoles bio françaises.

L’oenotourisme

La France reste le pays le plus visité au monde et l’oenotourisme a drainé plus de 10 millions de passionnés en 2016 ! Parmi eux 58 % français et 42% d’étrangers.

Les régions les plus visitées sont : Bordeaux (18%), La Champagne ( 17.2%), l’Alsace et la Bourgogne ex-æquo (16.9%) et le Val de Loire (13%).

Les oenotouristes achètent en moyenne pendant leur séjour pour 240€ de vin.

Vignerons, vigneronnes, il reste encore beaucoup de choses à créer autour de ce thème alors si votre domaine n’est pas encore sur ce terrain là, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Le digital : les réseaux sociaux

Même si les supermarchés et les cavistes restent nos principaux lieux d’achat de vin, les consommateurs sont de plus en plus connectés c’est donc important d’être visible sur internet. Les acheteurs recherchent la transparence et l’authenticité et les réseaux sociaux sont un des moyens pour y parvenir.

Le baromètre Sowine de 2019 indique que 15 % des français suivent des pages liées au vin sur les réseaux sociaux et 36% des personnes qui achètent du vin une ou plusieurs fois par semaine ont déjà acheté du vin recommandé par les réseaux sociaux.

Instagram est à l’heure actuelle un formidable outil pour vous, domaines, de nombreux consommateurs suivent des marques et le storytelling que propose cette plateforme via les images ou les stories, intéresse les acheteurs.

Et quant aux vins consommés

Le rosé continue de grignoter des parts de marché au détriment du vin rouge. Les bulles restent stables avec toujours cette notion d’occasion spéciale / d’exception pour déguster du Champagne.

Les vins étrangers viennent étoffer les étagères de nos supermarchés et de nos cavistes notamment ceux d’Espagne, d’Italie et d’Amérique du Sud.

Les vins natures et vegan devraient continuer de se développer aussi même s’il est difficile d’avoir des chiffres précis à leurs sujets.

Concernant les vins premiums (ou fine wine en anglais)

Le Liv-ex enregistrait une baisse ces derniers mois notamment dû au contexte plus compliqué que prévu ( HK et coronavirus, taxes aux US, Brexit etc.).

A voir ce que vont donner les campagnes primeurs des Bourgogne 2018 et des Bordeaux 2019 (auquel j’assisterai), et sachant également qu’en plus cette année sera l’anniversaire de l’excellent millésime 2010 à Bordeaux.

Cela viendra peut être adoucir la légère baisse anticipée par Miles Davis de Wine Owners ?

En conclusion, même si une baisse globale de la consommation des vins se dessine, les acheteurs sont plus connaisseurs et consomment mieux. 

Si vous êtes vigneron n’hésitez pas à développer votre stratégie de communication vers les réseaux sociaux et l’oenotourisme. Si votre domaine est en conversion ou en bio/biodynamie, là encore parlez-en, la croissance est au bout du couloir :) !